Busta Rhymes n'est pas le vrai nom de Trevor Smith qui apparaît au début des années 90 aux côtés des Leaders of The New School. Repéré par Chuck D à la suite d'un radio-crochet,
ce n'est que lorsqu'il les quitta pour commencer une carrière solo que le personnage prit toute sa dimension. En 96 sort "The Coming", un album qui tranche dans le paysage rap US.
On y découvre alors un artiste simple, surprenant notamment par la relative simplicité de son écriture: une ligne de basse, un sample, et sa voix suffisent à créer un univers à part. Surtout sa voix.
Quel autre rapper possède un organe suffisamment puissant pour aligner autant de hurlements sur des rythmes qui sont déjà parmi les plus syncopés du marché ?

Ensuite, Busta a sorti deux albums : "When Disaster Strikes" en 97 et "Extinction Level Event" en 98. Ses arrangements ont gagné en complexité et ses samples sont puisés dans un réservoir plus vaste.
Malheureusement, Busta n'a pas su « calmer » ses hurlements qui ressemblent de plus en plus à des aboiements et commencent à devenir trop radicale.
Sans parler de l'univers déjanté et loufoque de ses clips. La performance qu'on croyait totale sur "Woo-Ha!",
un titre avant-gardiste s'accompagnant d'un clip largement à la hauteur, devant connaître des développements de plus en plus poussés.

Pour son quatrième album, Busta Rhymes revient sur le délire de la fin du monde et du passage à l'an 2000. Toutefois, ses fans peuvent être rassurés :
le MC a su conserver sa fougue et son originalité. Sur des sons de Swizz Beatz, Nottz et Jay Dee, Busta délivre ses refrains d'horreur et un
bon flow électrique. On a l'impression d'avoir déjà entendu ça quelque part, même s'il invite Ghostface Killah, DMX, MOP ou Squad pour varier et
réalise son rêve de faire un titre avec Jaÿ-Z.
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